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    CVX en Belgique Francophone

Echos de la session de La Diglette

La Diglette ? Une maison des jésuites au fond des bois. Plus proche du camp scout que de l’auberge 3 étoiles…

Depuis 2010, tous les deux ans, à l’Ascension, c’est le lieu d’une session « marchante » de la  CVX :  3 jours pour ceux qui le peuvent, le jeudi de l’Ascension pour les autres.

Cette année le thème était

« À vin nouveau, outres neuves »
Ensemble, femmes et hommes, laïcs et prêtres :
comment vivre l’altérité en famille, en Église, dans la société ?

Cliquez ici pour quelques “traces” de ce qui a été vécu

Et lisez les témoignages de Marie, Hélène, Anne et Pascale ci-dessous

« Et pourtant, ce n’était pas gagné d’avance ! »

Marie, 36 ans (équipe Rivages, Bruxelles)

Cette année, nous avons participé en famille à la session à la Diglette.

Ce fut, pour moi, une réussite totale.

Et pourtant, ce n’était pas gagné d’avance dans mon cœur.

Dès le début, mon cher époux fut moteur à me convaincre que participer à ce temps fort en « grande communauté » était nécessaire pour « vivre la CVX ». Rien à faire, je voulais des vacances « relax » et j’avais le préjugé d’une session fort « théorique et théologique ». Je voulais parler de sujet concrets et terre à terre et je voyais le thème « homme et femme Il les créa » comme très éloigné de mes aspirations du moment. Je voulais mon « petit confort » et j’associais la Diglette à un lieu froid et cru.

Avec toute notre petite famille

Et puis…

Certes l’Esprit-Saint m’a fait un beau clin d’Dieu : soleil radieux à notre arrivée, et durant la totalité des 4 jours ! Et c’est dans une petite chapelle intime et remplie de visages connus (ou bientôt connus 😉 que nous sommes accueillis avec toute notre petite famille. Dès le début, les enfants sont intégrés et même plus, réjouissent la communauté de leur présence. Le luxe pour les parents : des animatrices étaient prévus pour prendre en charge les enfants (avec des activités préparées, en lien avec les thèmes approfondis chez les adultes). Ensuite, commencera le jeudi une marche dans des paysages luxuriants de printemps et de beauté de la Création. La CVX se « met en marche » : une longue colonne de compagnons se met en route, avec alternance de temps seul, à 2 puis à 6. A midi, c’est un enseignement approfondi de 2 membres CVX qui nous nourrit sur le thème de la Samaritaine et de nos soifs. Quelle richesse de pouvoir se faire grandir les uns les autres en famille.

Plus qu’un simple groupe

Je souhaiterai vous partager humblement une ouverture de mon cœur et de mes yeux : la CVX, c’est vraiment une « communauté » et pas un simple « groupe » de personnes. Je l’ai constaté aux nombreux temps forts vécu au fil des jours. Que ce soit des enseignements qui nous poussent à aller plus loin que nos « habitudes », à oser aller aux frontières, ensemble et sans jugement. Je retiens aussi les nombreux temps de partage, à chaque fois avec de nouveaux visages, qui, à mes yeux, sont devenus plus que de simples « compagnons » mais des « membres de ma famille ». Je pense encore aux temps informels, au détour d’une vaisselle, tasse de café, ou les repas (incroyablement maison et délicieux !) animés de rires et discussions. Mais encore lors d’un temps d’adoration le vendredi soir, dans l’intimité et la profondeur. Et encore dans des ateliers qui, sur un ton « allégé », nous font vivre ensemble des expériences « différentes ». J’ai aussi été très touchée par les moments d’échanges et de débats en grand groupe, sur l’avenir de l’Eglise et de notre communauté. J’ai vécu ces moments dans une grande allégresse. Je me sentais comme les premiers apôtres, au début de l’Eglise, à la construire ensemble. Je me suis sentie fière, apaisée, juste, et en joie ! Et des émotions, nous étions nombreux à en avoir et à les partager en toute simplicité et sans tabou.

Les deux pieds

Je suis ainsi sortie nourrie, revivifiée, pleine d’enthousiasme. Mon « identité CVX » ainsi (ré)affirmée, elle est venue (re)nourrir ma vocation et je me sens ainsi envoyée en mission. Je suis convaincue que la CVX se vit sur 2 pieds : un pied dans l’équipe locale et l’autre au sein de la communauté plus large. On peut certes avancer sur un pied, mais une fois qu’on prend conscience qu’on en a deux, on ne fait plus marche arrière… Et en plus, on fait des bonds en avant ^^ Nous sommes passés d’un « je » à un « nous ». Vivement continuer d’avancer ensemble !

« Que ma bouche chante ta louange... »

Hélène, 44 ans (Yahad, Namur), avec Matthieu, 5,5 ans

Avec cet air, repris en chœur à plusieurs reprises durant le séjour, et qui m’est resté au coeur bien des jours après, j’ai envie de vous partager ce qui m’a le plus marqué lors de cette ‘première Diglette CVX’.

Que ma bouche chante ta louange… CVX. Communauté de Vie chrétienne.
A la Diglette, je l’ai vécu : nous avons fait communauté… de vie… chrétienne.

J’ai trouvé qu’il y avait un bel équilibre, entre les moments festifs (soirée ‘Dixit’!) et les moments recueillis (soirée ‘adoration’), entre les temps d’enseignement et de partage. Avec des ami.es de longue date ou de nouvelles rencontres. Mais toujours des ami.es dans le Seigneur, et une qualité d’échange qui va à l’essentiel.

L’atelier artistique, proposé par Bernadette Verpaele, m’a déplacée. La violence – en nous, dans la Bible – et la Vie. Eve, Judith, Ruth, Marie… Les couches qui se superposent. Les couleurs, le doré, contrastant avec nos zones d’ombre. Ce moment m’a travaillée bien après avoir déposé mes pinceaux. La semaine qui a suivi la Diglette, j’ai été confrontée à des situations de grande violence, vécues par des proches. Je pense que cela a résonné en moi différemment.

« Ils ont commencé sans nous !»

Une autre grande joie : avoir pu vivre cette CVX avec mon fils. Matthieu a goûté à une communauté de vie chrétienne, dans une grande bienveillance et belle une confiance. Je viens de l’interroger sur ce qu’il a retenu du séjour.

« On faisait une église et il y avait une guitare. J’ai aimé aller près des guitares. Avec Hélène et sa sœur (les animatrices pour les enfants – merci merci d’avoir prévu cela !-), on avait joué : il y avait une taupe, un dauphin, un serpent et une girafe et le serpent était un peu zinzin et il nous emmêlait. »

J’ai retenu aussi ces quelques perles :

Maman, tu viens voir les cabanes et les piscines qu’on a fait pour les lutins ?
Il est où, celui qui a fait que je suis vivant ?’ (en parlant de Philippe Marbaix, qui l’a baptisé)
Il m’a fait rire aussi quand on est arrivé au petit-déjeuner, qu’il m’a dit, très offusqué : ‘hooo, ils ont commencé sans nous !!

Sans chichi

Je voudrais vous parler encore de cette eucharistie improvisée le vendredi, sans chichi mais juste à l’essentiel, de ces enseignements et échanges stimulants, de ces réflexions sur l’Église, sur la place de la femme, « avec tous tous tous », de la Samaritaine qui n’a pas reçu de mandat mais amène au Christ, de Constance qui nous a embarqués jusqu’en CVX mondiale, de ces repas succulents ou de ces Maredsous Chimay partagées… Mais je vais m’arrêter ici, et terminer par un immense merci.

Car si tout a roulé ainsi…c’est grâce à une superbe équipe qui a préparé depuis des mois ce séjour. Que ma bouche chante votre louange ! 😉

Hoo, je viens de chantonner la phrase à l’instant, et j’entends Matthieu chanter : « Que ma bouche chante ta louange, soit loué Seigneur,mhm mhm, que ma bouche chante ta louange. » Je pense que j’ai trouvé les mots de la fin.

« Un temps pour nous reconnaitre dans l’amitié fraternelle »

Anne, 52 ans (Char à Voile, Namur)

Lors de ce week-end, nous avons vécu
Un temps pour nous rassembler en communauté
Un temps pour nous reconnaitre, dans l’amitié fraternelle
Un temps pour nous laisser transformer par l’écriture, grâce à un regard nouveau et approfondi
Un temps pour marcher dans une création généreuse
Un temps pour la rencontre, dans les repas partagés
Un temps pour célébrer la Vie, avec Celui qui nous rassemble
Un temps pour nous reposer en Dieu

Je pourrais poursuivre en vous racontant mille temps, mais je vais m’arrêter là, intentionnellement.

Ce qui m’a touchée dans le récit de la Genèse, qui nous a été commenté le premier jour, c’est l’attitude de Dieu, dans le septième jour de la Création. Dieu s’est contenu dans sa puissance créatrice.
Cet accomplissement inachevé pose une limite pour offrir un espace à l’altérité.

Dieu s’est retiré pour laisser place à l’homme, au potentiel de Vie qu’il voit en lui.
Dans notre aujourd’hui sociétal où nous recevons tant d’injonctions à tout voir, tout expérimenter, tout savoir, nous voici invités à retrancher une part de ce tout.
A laisser un espace en friche et à consentir aux limites de notre condition humaine, dans toutes les dimensions de nos vies.
A être dans le monde, mais aussi hors du monde, pour accueillir en nous ce Dieu si aimant qu’il s’est lui- même limité, afin que nous ayons la Vie.

« Béni sois-tu, Seigneur ! »

Pascale, 59 ans (Yala, Liége-Verviers)

Après avoir écouté différents exposés et vécu quelques partages,
Après avoir réentendu la lecture de la Genèse…

Béni sois-tu, Seigneur, d’avoir pris soin de nous créer à ton image,
Tu nous fais croire en l’homme et nous révèle qu’il y a toujours en chacun un côté bon à soutenir,
Tu nous questionnes lorsque Tu nous dis qu’en chacun il y a un côté homme et femme,
Tu nous aides à réfléchir à nos rôles missions respectives sans hiérarchie,
Suite à une relecture accompagnée de la Samaritaine, Tu nous a fait découvrir combien ta rencontre avec elle l’avait transformée et t’avait transformé Toi aussi lorsqu’elle te révéla ta mission,
Tu nous fais aussi redécouvrir le désir de la Samaritaine de te faire connaître et nous booste dans notre vie d’aujourd’hui de faire de même,

Bénis sois-tu Seigneur, de faire partie du mouvement CVX. Maintiens en nous la soif de te rencontrer, de reconnaître les signes de ta présence dans nos vies mais aussi de nous laisser bousculer pour avancer sur ce chemin à tes côtés,

Donne-nous la grâce de nous mettre en route dans l’élan de ton Esprit,
Nous te confions les prêtres, les laïcs, les femmes, les hommes ; Que chacun puisse discerner et répondre à la mission à laquelle tu nous appelles dans notre monde d’aujourd’hui.